02Save & Care SanctuaryEn production
« la todo sur WhatsApp c'est bien mais j'aimerais pouvoir cocher les tâches pour savoir où j'en suis »
une coordinatrice du sanctuaire
Derrière chaque case cochée, un animal.
Les coordinatrices écrivent les routines de soin, les bénévoles les cochent sur le terrain, la gérante retrouve l'histoire de chaque résident. Hors-ligne d'abord, calme par construction.
- Du premier fichier à la première bénévole
- 6 jours
- Ce qui en reste aujourd'hui
- 300+ tâches cochées par jour
- Premier fichier
- 10 mai 2026
Ouvrir la routine du matin Accès par code reçu par e-mail, réservé à l'équipe du sanctuaire · conception, code, mise en production, en solo
Good morning
Monday 11 May
Opening the Animals
1 / 3Ce que la phrase voulait dire
Les consignes de soin vivaient dans de longs messages WhatsApp : qui ouvrir en premier, qui a besoin de dix minutes sur des genoux pour manger, quel enclos ne jamais ouvrir tant qu'un chat rôde. On relisait le même pavé dix fois sans savoir ce qui était fait ni où l'on en était, et l'on finissait par oublier. Derrière chaque oubli, il y a un animal.
La phrase demandait une case à cocher. Ce qu'elle décrivait, c'est un sanctuaire où les bénévoles changent chaque semaine, où le réseau tombe au fond des enclos, et où la continuité ne peut pas vivre dans les têtes.
Ce qui a été construit
Le pavé est devenu une liste cochable, la même sur tous les téléphones. Autour d'elle, un outil de travail complet : Save & Care, une application web qui s'installe sur le téléphone et fait tourner les routines de soin d'une journée, pour chaque animal, chaque équipe, chaque jour.
Les coordinatrices écrivent la routine
Une routine est une journée : une équipe du matin vers 7 h 15, une du soir vers 18 h 35, chacune découpée en sections puis en tâches. Une tâche porte un titre, une consigne, les résidents concernés, une cadence (tous les deux jours, avec une variante allégée les autres jours) et parfois la mention critique : cocher ouvre alors un volet avec une liste de vérification, une note et une photo, tous facultatifs. La pause de deux secondes est le filet de sécurité, pas un verrou.
Chaque nuit à 3 h, la routine du lendemain est générée pour chaque bénévole planifiée. En journée, une coordinatrice peut poser une tâche ponctuelle sur n'importe qui en deux gestes, depuis un catalogue de « coups de main » qu'elle enrichit elle-même.
Les bénévoles cochent sur le terrain
L'écran du jour s'ouvre vingt minutes avant l'heure de l'équipe. Toute la carte d'une tâche est la surface de tap, 72 px de haut, pour un pouce ganté au soleil : on tape pour cocher, on retape pour annuler, et une tâche faite ne disparaît pas, elle s'installe sur place. Un bouton d'alerte est présent sur chaque écran (bien-être d'un animal, sécurité, fourniture manquante) et arrive chez les coordinatrices en moins de trente secondes. Un journal par routine porte les observations d'une équipe à la suivante. L'interface est en anglais ; les consignes se lisent en six langues, traduites à la demande. À la fin de la routine, l'application dit : « Rest well. You did great. »
Le réseau tombe au fond des enclos, et l'application est faite pour ça. Chaque geste est enregistré sur le téléphone, dans une file d'attente qui survit au rechargement, puis rejoué dans l'ordre au retour du réseau, en moins de trente secondes. Une bénévole n'est jamais punie pour un mauvais signal.
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Les coordinatrices voient et organisent
Un tableau de bord en temps réel montre les routines du jour, qui est sur quelle section, ce qui avance et les alertes ouvertes. Depuis là, une coordinatrice réassigne une section pendant que les bénévoles travaillent, ajoute une tâche, résout une alerte, et planifie la semaine sur une grille : les bénévoles en lignes, les matins et les soirs en colonnes. Une nouvelle arrivante reçoit son lien sur WhatsApp et se connecte avec un code envoyé par e-mail, sans mot de passe.
La vie de la maison suit la même grille hebdomadaire, remplie chaque dimanche soir : les tâches ménagères, en trois colonnes que la grille appelle « Shared », « Pee & poop » et « Toilet & shower », et qui cuisine le déjeuner et le dîner. À part, les tâches d'hygiène récurrentes par zone, comme le grand nettoyage mensuel des couchages, avec leur prochaine échéance.
Une fiche par résident, à lire au vétérinaire
Chaque animal est une entité à part entière : photo, espèce, zone, notes de soin, alertes médicales. Sa fiche rassemble, dans l'ordre, tout ce qui le concerne : chaque tâche cochée ou passée, avec la note et la photo prise ; chaque alerte levée et sa résolution ; chaque drapeau de santé (information, attention, urgence) avec ses dates ; chaque dose de traitement donnée, partielle ou refusée ; le poids, la température, l'appétit. Le tout filtrable par dates : la question du vétérinaire, « que s'est-il passé avec Patathina cette semaine », trouve sa réponse en quelques secondes.
La pharmacie tient son propre stock : chaque médicament a une quantité et un seuil bas, chaque dose donnée la décrémente sans jamais bloquer un soin, et le tableau de santé signale ce qui va manquer et dans combien de jours. Le carnet médical n'est jamais « mis à jour » : il est l'ombre portée de la tournée du matin, un tap par dose.
Les résidents
L'application se termine par une galerie, « Meet the residents » : chaque bénévole peut ouvrir la fiche de n'importe quel animal, hors du contexte de ses tâches. Voici les portraits tels qu'ils y sont aujourd'hui.
Osirahcanne
Gaiaoie
Patathinacanne
Cosmooie
Juliooie
Cocainalapine
Nutellalapine
Lucascoq
Mariapoule
Carlitopigeon
Carlito's wifepigeon
Comment c'est arrivé
- 10 mai 2026Le prototype
Une maquette locale : 21 animaux et 58 tâches transcrites de la todo WhatsApp, validée sur place avec l'équipe en quatre jours.
- 16 maiEn ligne
Le produit complet, branché sur sa base, joignable à une adresse publique dans la nuit du 15 au 16 mai. La première bénévole est invitée le jour même.
- 17 et 18 maiLe temps réel, le hors-ligne
Tableau de bord, alertes en moins de trente secondes, file de reprise, notifications, traduction en six langues.
- juinLe dossier médical
Traitements, doses, drapeaux, pharmacie, accueil des nouvelles bénévoles. Dernier commit le 24 juin : 231 en tout.
Ce que le produit ne fait pas encore
- Pas de carte du sanctuaire. L'écran existe et annonce « A map of the sanctuary is on its way. » Chaque résident a une zone, en toutes lettres.
- Pas de stock de nourriture. Seul le stock de médicaments est tenu. Une fourniture qui manque passe par une alerte.
- Pas d'export. L'historique se lit à l'écran ; l'export CSV et la routine imprimable sont écrits dans la spécification, pas dans le code.
Une bénévole voit sa routine et les fiches des animaux, jamais l'historique détaillé des autres bénévoles. Les photos des animaux ne se copient pas depuis l'application : ce sont des pièces de suivi, pas des images à partager.
Le résultat
« Pouvoir cocher les tâches pour savoir où j'en suis » est devenu : une routine par équipe, générée chaque nuit, cochée sur le terrain même sans réseau, et une histoire par animal que la gérante peut lire au vétérinaire. Elle voulait cocher une case : il s'en coche aujourd'hui plus de trois cents par jour.